
Quand on est un jeune pédé amateur de littérature en tout genre et de thrillers en plus particulier, et qu’on est sur le point de partir pour une semaine de vacances en Grèce, L’Or d’Alexandre est le genre de lecture qui tombe à point. A la lecture du quatrième de couverture, on repère vite quelques mots clés qui savent attiser notre curiosité : le Louvre, mythique trésor, policiers, Grèce antique, assassinée, meurtres, mise en scène, trésor maudit, vérité, puissances. Vous voyez, je sens déjà que vous avez envie d’en savoir un peu plus…
Lors d’un colloque d’histoire grecque à la Sorbonne, Athina est assassinée d’un coup de javelot. D’autres meurtres à la mise en scène inspirée de l’Iliade suivront ce premier drame, ce que ne manqueront pas de confier Philippe et Stéphane au commissaire Chevêche, alors en charge de l’enquête. Parallèlement à cette première intrigue se dessine un autre scandale : la découverte dans les réserves du Louvre de fausses toiles d’œuvres originales récemment sorties pour être prêtées à des expositions à l’étranger. La police suspecte alors Marion, une amie de Stéphane et Philippe, conservatrice au musée du Louvre, d’être le cerveau de tout ce trafic de faux tableaux.
Les garçons, dont l’un est tétraplégique suite à un accident de moto, poursuivra l’enquête à travers l’Europe afin de résoudre les mystères entourant ces meurtres et de blanchir leur amie de toujours. Assistés de Malika, l’auxiliaire de vie au caractère trempé mais au cœur tendre, ils partiront malgré le danger et les difficultés sur les traces des trésors artistiques spoliés par les nazis pendant la seconde guerre mondiale, en passant par le Vatican, le Louvre, la Grèce et un couvent franciscain perdu en Croatie…
La lecture de ce thriller artistico-helléniste est agréable pour diverses raisons, dont la particularité de confier le gros de l’enquête à des baroudeurs assez peu conventionnels, un couple gay dont une moitié se déplace en fauteuil roulant. Malgré une tendance à la complexité, avec le risque d’être étiqueté « roman trop sophistiqué », L’Or d’Alexandre mélange subtilement l’histoire et l’antiquité au quotidien d’un couple vivant avec le poids d’un handicap moteur, sans oublier de nous parler d’amour, de faire un peu d’ironie sur un leader de droite hyperactif voire même un peu de militantisme de gauche, et de nous donner quelques leçons sur les marchés boursiers. Quatrième roman de cet archéologue agrégé d’histoire publié chez H&O, L’Or d’Alexandre n’est pas le thriller de l’année et peut parfois perdre le lecteur au décours d’explications parfois trop prolixes, mais aura réussi haut la main à divertir un genre littéraire qui en avait bien besoin. Et nous aussi, par la même occasion.
Brice
L’Or d’Alexandre, un roman d’Olivier Delorme. Publié chez H&O en février 2008. 441 pages. 23€.


I’m back et toi aussi exceptionnellement un samedi, cool
Sur ton conseil avisé (tu m’avais aimablement informé d’une rencontre-dédidace avec l’auteur fin mars à Lyon alors même qui tu le lisais). Depuis, je l’ai feuilleté et acheté chez bbp. Par contre, pour ce qui est de le lire vraiment, cela va attendre l’été
Un conseil pour Blutch : si tu veux vraiment attendre l’été, laisse L’OR D’ALEXANDRE hors de portée de ta main (pas sur ta table de nuit !!!). Parce que si tu t’attaques au premier chapitre … je ne sais pas comment tu vas faire pour le laisser de côté avant d’avoir atteint la 444e page … ou alors tu feras comme moi : je m’oblige, je me force à arrêter, parce que je veux faire durer le plaisir : ce n’est vraiment pas le “thriller de l’année” puisque c’est beaucoup plus qu’un thriller, quand on se perd dans les méandres d’une intrigue certes complexe, c’est un vrai plaisir de se rendre compte que l’on arrive à en relier tous les éléments (et on arrive à se sentir moins bête !).
C’est pour un lecteur comme moi LE livre de l’année … mais c’est sans doute parce que je me suis (trop ?)identifié à un des protagonistes et qu’en plus du divertissement et de l’érudition, j’y ai découvert une immense intelligence du coeur !
@Blutch : J’ai mis un peu de temps à lire pour ma part.
@Tétra : Ravi que le livre ai suscité un tel engouement !
Un truc à dire ?