Dans le monde des RPG* Japonais (ou J-RPG), en dehors de quelques perles isolées, il y a quatre séries à retenir : “Dragon Quest”, “Final Fantasy”, “Tales of” et “Star Ocean” (sans oublier les Shining Force mais on n’en a plus vu depuis bien longtemps).
Star Ocean, est cette saga qui mixe habilement aventures spatiales et monde médiéval. A la fois épique et enchanteur. Née en 1996, nous autres européens (sauf amateurs d’imports peu rebutés par un jeu en Japonais) n’avons découvert la série qu’avec son second volet (Star Ocean : The Second Story) en 2000 sur PSOne. Sa suite, en 2004 sur PS2 (Star Ocean : Till the end of time), a fait des ravages. Les quelques rééditions PSP (2008 et 2009) des deux premiers volets étaient parties d’une bonne intention, mais sont un peu passées inaperçues. La magie de cette série réside en partie dans la cohérence de son univers entre les épisodes. Tout se passe sur la même timeline. Même univers, époques différentes (à la différence des Final Fantasy) apportant cette richesse au background de l’ensemble, pour des aventures profondes et très bien ficelées (interdiction de critiquer la fin de Till the end of time !).
2009 : Star Ocean revient, en exclusivité Xbox 360 (mais plus pour très longtemps, puisque la version PS3 devrait sortir le 9 février 2010 en incorporant plein de bonus).
On ne pourra pas dire qu’il n’aura pas été attendu, et les derniers jours avant la sortie auront été plutôt rudes pour les fans.
Le jeu s’ouvre sur une intro d’envergure rythmée par une musique prenante. L’écran “Start” n’est même pas encore apparu qu’on est déjà dans l’histoire. Le ciel, une flotte d’avion planent, des missiles sont largués tous azimuts : le monde est en guerre. Les images sont cataclysmiques. La maison blanche, l’arc de triomphe en ruines. La majorité de la population terrestre a été décimée. Un cesser le feu est signé en moins de deux semaines, les rares survivants se rapprochent. Les hommes vivent dans des cités souterraines et se décident à chercher d’autres mondes à coloniser pour repartir à zéro. Commence le développement de la recherche spatiale et la construction d’une station orbitale de collaboration plutôt que d’antagonismes. Leurs ressources, leur savoir en commun, l’humanité engage les premiers tests de voyage hyperluminique. Nous sommes maintenant en 2087, année 10 du calendrier Galactique. Vous êtes Edge Maverick, le jour de lancement d’une flotte de reconnaissance, prêt à partir explorer l’Océan d’Etoiles.

Comme vous l’aurez compris, Star Ocean : The Last Hope s’impose en préquelle (c’est la mode en ce moment), avec une action datée d’environ 300 ans avant le #1 de la série.
Alors qu’on aimerait commencer à s’extasier sur le décor, sur ce sentiment grandissant de participer au lancement d’une grande aventure, vlan ! Un tutorial pour bien casser l’ambiance.
Je trouve un peu dommage d’être balancé dans un tutorial fastidieux expliquant la manière d’en découdre avec les ennemis, les combos, etc. alors que l’histoire n’est même pas lancée. Je préfère quand ça arrive en même temps que les premiers combats, qu’on soit déjà dans le jeu avant de réfléchir aux techniques. Cela n’engage que moi, mais je suis loin d’être certain que la plupart des joueurs lui trouvent un intérêt à ce moment là.
Mis à part ça, le jeu est à peine commencé qu’on se sent déjà chez soi. A l’exception peut être de la caméra déroutante, puisque paramétrée de base à l’opposé de ce qui m’est “naturel” (je suis un grand militant du contrôle de camera inversé sur l’axe gauche/droite). Cette affaire là réglée, la prise en main se veut des plus intuitives, et dans une certaine continuité avec les précédents épisodes.
Tout est en français, sauf les voix, mais les sous-titres sont suffisamment gros pour des écrans qui ne feraient pas au moins 107cm de diagonale.
Le premier imprévu (bien qu’un peu téléphoné) arrive assez rapidement pour vous lancer dans l’aventure et amène assez bien le premier véritable combat. J’avais quelques appréhensions à ce sujet, car les combats en temps réel peuvent être répétitifs. Et bien pas du tout. Pour faire court : c’est une claque ! Ultra dynamiques, les enchainements débloquent des bonus qui s’additionnent dans la “barre de bonus” et vous rapporte des objets, de l’expérience, des crédits voire même de la régénération en plus.

Sans compter que pour une fois, on nous explique pourquoi dans un monde futuriste, nos héros se retrouvent contraints d’en découdre à l’arme blanche. Sur la première planète visitée au moins, car pour la suite cela peut ne guère sembler logique. Mais on oublie assez facilement, par simplicité sur l’ensemble. Ils n’allaient décemment pas vous faire changer d’arme et de type de combats entre chaque planète. (Combien seraient prêts à faire une croix sur leur expérience et aptitudes pour repartir à zéro avec de nouvelles armes ? Hmmm, j’admets que le concept serait fort tentant…).
A part ça qu’est ce que c’est grand ! La profondeur de champ est carrément bluffante, ce qui en soi est motif à une exploration à fond de chacun des tableaux. La progression n’est d’ailleurs pas entravée par des combats aléatoires intempestifs. C’est vrai qu’il est parfois agaçant dans d’autres jeux, d’être interrompu tous les 3 pas à cause d’un monstre qui vous tombe dessus. Pas dans Star Ocean. Ici, le parti pris est que les monstres sont affichés sur la carte. A vous de gérer vos combats comme vous le souhaitez. Vous êtes à court de “remontants”? les 3/4 de votre équipe attend de pouvoir être ressuscitée ? Vous pouvez donc choisir d’éviter de risquer le diable (booh le Game Over) et de retourner vite fait dans la ville la plus proche. Ou sinon, en bon stratège, surprendre vos ennemis en les attaquant par derrière. Ce système de visibilité des monstres sur la carte n’est malheureusement pas exempt de défauts, car il arrive parfois que ceux ci “apparaissent”, trop tard pour pouvoir les éviter. Ce défaut peut se révéler un poil irritant et vient gâcher un peu toute la partie “exploration”.

Dans le dernier Star Ocean, la carte était à découvrir au fur et à mesure, avec des bonus si l’on arrivait à visiter les grands espaces à 100%. Dans The Last Hope, la carte de chacun des lieux vous est toujours donnée d’emblée. Dommage que certaines compétences vous affichent aussi la position des coffres et points de récolte ou de forage (matières premières), car cela n’engage pas à l’effort de découverte, poussant le joueur lambda à avancer d’un point A à un point B. Sans cette immersion que l’on pouvait avoir dans les épisodes précédents. A l’époque, on était au même niveau que le personnage : en retenue, hésitant à prendre telle ou telle direction et parfois agacé d’avoir pris des voies sans issues. Mais hey, c’était ça la véritable immersion !
Ce choix aura probablement été fait pour ne pas pénaliser le joueur, vu la rareté des points de sauvegarde (en début et en fin de chacun des parcours, avec un point intermédiaire avant certains boss, ce qui contribue à enlever du charme à la surprise, mais évite les désagréments de la perte totale d’heures entières de jeu après un monstre récalcitrant).
Comme si l’ensemble était voué à vous faire progresser. Car oui, la progression est vraiment un des éléments clé du jeu. L’expérience acquise au cours des combats vous apporte de nouvelles possibilités de frappe, pour des combos toujours plus impressionnants. En outre, chaque compétence acquise, qu’elle serve en ou hors combat, peut être améliorée, avec des points bonus récoltés au gré du level up. C’est sympa et ultra chronophage.

Tout comme la partie de récolte de matières premières permettant de fabriquer des objets bien utiles pendant l’aventure. Vous vous retrouverez toujours à faire des détours, à trainer un peu ici et là pour récolter cet ingrédient qui vous manque tant pour produire telle arme ou telle potion. Très grisant.
Que dire de plus sans vous spoiler?
Au point où j’en suis, j’ai maintenant assez d’heures de vol sur Star Ocean pour vous dire qu’une fois de plus, ils ont réussi à nous sortir une de ces aventures dont ils ont le secret et qui vous happent dès les premières minutes. L’ambiance principale fleure bon le manga, avec un character design en adéquation (même si au fond guère inspiré ni original). Il est dommage que les visages des personnages paraissent aussi impassibles. Au point d’avoir de temps en temps l’impression de jouer avec des poupées de porcelaine. La mise en scène est parfois saccadée (écrans noirs entre deux scènes, aussi courtes soient elles). Cela manque parfois de rythme avec des passages plus lents, mais cela servira toujours le “roleplay“, l’approfondissement du background des personnages.
Le ton est parfois très/trop japonisant. Parfois à la limite du supportable. Je pense notamment à l’attitude générale de Welsh notre “contact” sur Terre, dont on sait dès les premiers instants qu’elle sera très girly, très kawaï, très hystérique (très casse-bonbon en fait). L’ambiance est parfois poétique, parfois trop gentille et pavée de (trop) bons sentiments. Pas assez adulte, mais ce n’est pas la marque de fabrique des Star Ocean. Ces jeux là sont fait pour rêver, s’évader. Vivre une aventure forte et poignante. De ce côté là, mission réussie. Tri-Ace a su viser juste. Comme si Infinite Undiscovery (l’erreur de parcours de fin 2008), n’avait servi que de répétition, de test grandeur nature sur la console, afin d’affiner leur travail sur Star Ocean. Dommage pour ceux qui se sont fait avoir, mais finalement c’est tant mieux.
Vous l’aurez compris : Star Ocean est, pour ce que j’ai pu en voir (l’aventure tient sur 3 disques), un jeu absolument fabuleux, à deux ou trois détails près (parce qu’il faut bien un peu pinailler), mais qui s’annonce grandiose, complet, cohérent, riche, et s’inscrivant sur la durée. The Last Hope est ce qu’on attendait de lui : une merveille.

Fans de RPG, faites vos bagages et prenez un ticket : vous en aurez pour votre argent !!!
Si comme moi, vous optez pour la version collector, vous serez gratifiés d’un CD des meilleurs ambiances musicales de la saga et quelques artworks présentant 5 des personnages principaux.
Madrox
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*RPG : Role Playing Game/Jeu de Rôle. Terme utilisé pour désigner les jeux où l’on incarne un personnage (ou une équipe de personnages) devant mener à bien une quête. Au fil de la progression dans l’aventure, les personnages joués gagnent en expérience et développent leurs caractéristiques (force, vitalité, etc) et acquièrent des capacités et compétences propres (magie, invocations, combos, résistances spécifiques, etc). Il existe plusieurs sortes de RPG, dépendant des spécificités du gameplay, de la manière dont se déroulent les combats (Action RPG, Tactical RPG, MMORPG, etc).


Ah mais non ! C’est inacceptable ! Les japonais s’y connaissent aussi bien en RPG qu’en voitures !
Ils ne font que transposer l’univers du manga sur console, et comme c’est pas évident, il faut plusieurs opus pour que le jeu devienne potable (mais à ce moment-là, on ne comprend plus l’histoire, et il faut se reporter aux opus précédents). Et la plupart du temps, c’est du tour-par-tour, ou autre mode de combat louche et pas réaliste :S
Le RPG du moment, c’est bien Risen, développé par une société allemande
Mais après, faut voir si on veut un jeu pour le scénario ou pour le gameplay …
(Madrox, si tu n’aimes pas la série des Anno, tu vas pouvoir te défouler très prochainement ^^)
Je ne te laisserai pas dire ça du RPG Japonais. Le manga est dans leur culture, mais tous les RPG ne sont pas des adaptations de mangas. Ils ont eu leur grande époque, mais n’ont pas su suffisamment se renouveler et s’adapter à la NextGen.
Aujourd’hui, comme Risen, ce sont les RPG “occidentaux” qui se démarquent et c’est tant mieux pour la diversité du genre. Je me laisserai d’ailleurs bien tenter par ce jeu. Malgré mes échos positifs et négatifs. J’attendrai que son prix baisse. En attendant je me régale sur Fable II (et je me tâte à ressortir mes Star Wars : Knights of the old Republic)
Par contre, je ne suis pas fan des productions type “Oblivion” ou “Fallout 3″. RPG et FPS, c’était intriguant en 1997 avec Shining the Holy Ark, descendant de Shining in the Darkness (1991). Aujourd’hui, ca ne rend les combats que plus confus.
Même si Star Ocean m’a un peu réconcilié avec le Action-RPG, je ne suis pas trop fan du genre (car trop répétitif à mon gout), je préfère les RPG en Tour par Tour ou les Tacticals, bien plus stratégiques.
L’histoire peut être prenante et sympa, si le gameplay “bourrin” vient desservir l’ensemble (je n’aime pas bêtement appuyer sur des boutons à outrance), le jeu finira par prendre la poussière et j’irai chercher le dénouement sur le web (^^).
Star Ocean a ce je-ne-sais-quoi qui fait qu’on reste accroché, même pendant les combats et pour moi c’est une prouesse sur un Action-RPG.
A ce jour, le meilleur RPG Japonais auquel j’ai joué sur NextGen reste Lost Odyssey. Une question de scénario et d’ambiance qui le fait sortir du lot. Pas assez grand public pour sortir le genre de sa “crise de la Next Gen”, mais une sacrée aventure.
Final Fantasy XIII va peut être changer tout ça. Peut être pas.
P.S 1 : Vivement Mass Effect 2
)
P.S 2 : Je ne connais les Anno que de nom. C’est pas une série type Age of Empire basé sur la conquête du “nouveau monde”, pirates, etc ?
J’ai peut-être trop stéréotypé les RPG japonais, mais j’en garde de très mauvais souvenirs, notamment l’aspect répétitif des combats. Mais l’histoire, si on la suit depuis le début, ça peut devenir très intéressant !
À côté de ça, il y a comme tu dis les RPS occidentaux dont je suis fan : Fable I (oui, je n’ai pas de xbox ^^), Diablo II, Assassin’s creed (en tant que proof of concept), Risen (très dur comme les Gothics, mais très réaliste) …
Pour la série des FF, j’ai jamais essayé, parce que le flot de rééditions m’a fait perdre le nord, je ne savais plus par où commencer !
PS1: Mass Effect 2 ? C’est quel type de jeu ça ?
PS2: C’est la première fois que je joue à Anno, et il s’agit bien de découvrir un nouveau monde, mais contrairement à AoE, c’est plus orienté commerce que stratégie. Article à venir
En fait, le plus agaçant dans ces jeux là sont les combats aléatoires qui plombent la progression. Surtout quand certains jeux poussent à faire et refaire en long et en large les mêmes espaces infestés de monstres invisibles.
Quant aux FF, ils ne se suivent pas, tu peux y jouer indépendamment et commencer où tu veux. Final Fantasy VII est dispo sur le PSP Store je crois, et tout le monde sera d’accord pour dire qu’il s’agit là d’un incontournable
Mais… Attends… Tu parles de RPG Occidentaux et tu ne connais pas Mass Effect ??? Hop hop hop, tu peux le trouver pour 20€ en neuf sur le site de la fnac (la version PC a corrigé les quelques pbs d’affichage/bugs de la version 360).
) Mais honnêtement, passer à côté serait une grave erreur.
Ce jeu est un Chef d’œuvre de chez Bioware (Baldur’s Gate, Star Wars Knights of the Old Republic entre autres). RPG/Shooter à la troisième personne. Ambiance SF Vaisseaux/Aliens/etc. Les choix que tu fais ont des répercussions. Parfois légères, parfois lourdes (le 2 est sensé reprendre tes sauvegardes, tes choix et fera évoluer l’univers en fonction
Et bien entendu, j’attends ton article sur Anno avec hâte :p
(j’en ferai peut être un sur Tropico 3 si j’ai le temps lol)
Ah mais si, je me souviens, je l’avais essayé chez un copain, mais j’étais obnubilé par un autre jeu à ce moment-là ! Par contre KOTOR 2, c’est une boucherie ^^
Ah, KOTOR 2 ! Enfin un peu de goût :p
Hey les ados, vous me faites rire. Quand je lis vos commentaires, pendant un instant, je suis dans la peau d’un patient devant un compte-rendu de scanner : je lis, je lis, je comprends un mot de temps en temps, mais je serai incapable de dire de quoi ça parle
Tu n’es pas seul Brice ^^
Brice, il me semble que ca s’appelle de la culture ^^
Sinon, il vous restera toujours Google
Un truc à dire ?